D’où vient l’expression « se taper la cloche » ?

cloche

L’écrivain français Georges Auguste Charles Guibourg, dit Georgius, écrivait en 1956 dans son roman policier Mort aux ténors “Je suis allé me taper la cloche dans un petit restau de la rue Brey”. L’expression “se taper la cloche” signifie faire un bon repas, bien manger. “S’en mettre plein la lampe”, “se remplir la panse”, “se tasser la cloche” ou encore “se taper la cloche” sont autant d’expression qui signifient la même chose. A La Cloche d’Or vous en dit aujourd’hui un peu plus sur cette expression du début du XIXe siècle.

L’expression française “se taper la cloche”

L’expression française du XIXème siècle “se taper la cloche” est basée sur la définition du terme “cloche” dans le dictionnaire argot de l’époque qui signifiait “tête”. En argot, la “cloche” désigne également un objet creux éventuellement rempli d’un cerveau parfois peu fonctionnel. Ainsi on traitera l’imbécile de “pauvre cloche”.

Le lexicographe et spécialiste de linguistique, Gaston Auguste Esnault, publia des études sur l’argot en France, dans lesquelles il indique en 1900 que l’expression « se taper la tête » voulait dire “manger”.

On doit une autre interprétation de cette expression au philologue et lexicographe suisse Walther von Wartburg. Ce dernier indique que les expressions “se taper quelque chose” ou “s’en taper” s’employaient pour « boire beaucoup » au milieu du XIXe siècle. Ainsi l’expression “se taper la cloche” voudrait dire “s’enivrer”, “boire jusqu’à l’enivrement”. En effet on sait que pendant une fête bien arrosée, il se peut que la tête finisse par taper.

Les règles d’ordonnance du grand repas français au XIXe siècle

L’expression “Se taper la cloche” c’est donc la remplir, au travers d’un bon repas. “Se taper” désigne le fait de manger en abondance, à en avoir mal. On comprend mieux pourquoi en regardant les règles d’ordonnance du grand repas français du XIXe siècle. En effet, à cette époque, le repas en France est théoriquement constitué d’une série de plats présentés dans l’ordre suivant : une mise en bouche, suivie d’un hors-d’oeuvre, d’un potage, d’un plat de relevé, puis d’une entrée, suivi d’un plat de résistance appelé “rôt”, d’entremets et enfin de desserts qui peuvent prendre la forme de fromages, patisseries, fruits, entremets sucrés ou encore mignardises.

A La Cloche d’Or vous souhaite un bon appétit en toute modération pour éviter que vous vous tapiez la cloche !